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Le téléphérique
entre
Ottange et Differdange

En se baladant en tant que promeneur non-averti sur les collines et les plateaux autour de Rumelange, il se peut que vous allez apercevoir dans une clairière, dans un champ ou à travers les arbres et les buissons, des pylônes, qui semblent appartenir à une époque jadis. « A quoi ils ont bien pu servir ? », est la question qui vous vient immédiatement à l'esprit. Si vous êtes un habitant du bassin minier, né bien avant que le premier homme ne pose son pied sur la lune, ces mêmes pylônes vont par contre évoquer des souvenirs. Des souvenirs du bruit que faisaient les bennes remplis de minerais suspendues au câble en passant sur les pylônes.

La construction

En effet, ces pylônes ont fait parti d'un téléphérique de minerai, long de 13 km, reliant la mine de Ottange avec les hauts fourneaux de l'usine de Differdange. L'idée de construire un tel téléphérique est née au début du vingtième siècle. La société « Deutsch-Luxemburgische Bergwerks -und Hüttengesellschaft » cherchait un moyen de transport moderne et efficace pour acheminer le minerai de ses mines de Rumelange et d'Ottange jusqu'au hauts fourneaux de Differdange. La société allemande « Poehlig » de Cologne était chargée avec l'élaboration et la construction d'un tel téléphérique.

Les contrats furent signés le 11 octobre 1905 et les travaux ont immédiatement commencés après. L'installation des 143 pylônes était liée à des interventions radicales dans le paysage comme par exemple le déboisage du tracé. Le tracé passait par-dessus de quatre lignes ferroviaires et six routes. Des ponts de protection ont dus être installés à chaque passage.


Pylône près du lieu dit Haed
© Nico MACK


Pylône près du lieu dit Haed
© Nico MACK

La fiche technique

Les pylônes supportaient les câbles porteurs, d'un diamètre de 45mm et pesant 12 kg le mètre courant, ainsi que les câbles de traction. La plus grande portée entre deux pylônes mesurait 343.3 mètres au dessus du lieu dit « Hesénger Lach » (vallée de Husange). Sur sa longueur totale de 13 kilomètres, le téléphérique était subdivisé en cinq segments entre lesquels les câbles porteurs étaient tendus moyennant deux contrepoids de 35 tonnes chacun. 462 bennes numérotées avec une capacité de 660 kg entraînées par un moteur électrique de 150 chevaux faisaient l'aller-retour entre Ottange et Differdange par tous les temps, 365 jours et nuits par an.

Un accident tragique

Le 7 mars 1923 fût un jour tragique dans l'histoire du téléphérique. Les deux serruriers Charles Molitor et Norbert Koerperich, chargés avec la réparation du câble porteur, ont trouvé la mort dans un accident tragique. Il parait que le frein de la plate-forme sur laquelle des deux hommes travaillaient s'est accidentellement défait. La plate-forme c'est mis en mouvement, passait par dessus d'une butée avant de tomber d'une hauteur de plus de 40 mètres, entraînant avec elle les deux hommes dans la mort.


La modernisation

En 1964, la « Société anonyme des Hauts Fourneaux et Aciérés de Differdange, St. Ingbert, Rumelange » (Hadir) qui s'était crée en 1920 de la société « Deutsch-Lux », décida de moderniser le téléphérique en remplaçant les pylônes en bois par les pylônes d'acier qu'on voit encore aujourd'hui. En faisant ceci, la capacité des bennes pouvait être augmentée à 1200 kg résultant dans un débit de 220 tonnes par heure.

La fermeture

En conséquence de la fermeture des mines d'Ottange le 1 février 1972, la partie entre Ottange et le « Kazebierg » à Esch-sur-Alzette, était mise hors service. Depuis, le téléphérique avait son origine près des mines « Heinzenbierg » de Esch-sur-Alzette au lieu dit « Hiehl ». Il était encore exploité pendant quelques années avant qu'en 1979 la fermeture complète et le démontage n'aient décidés.

Un documentaire réalisé par M. Aloyse Terzer montre le téléphérique encore en service.

Détail de la construction métallique

Détail de la construction métallique
© Nico MACK


Pylônes en plein milieu de jardins près
de la frontière à Esch Grenz
© Nico MACK

Au fil des années, la nature et la civilisation ont reconquis le tracé du téléphérique. Seule les pylônes en témoignent encore. Aujourd'hui, les pylônes sont devenus des vestiges d'une époque à laquelle on pense avec nostalgie, une époque évoquant à la foi des sentiments de grandeur et de fierté, mais aussi des souvenirs de travail dur, d'accidents et de misère.

Bibliographie

  • Fernand Lorang « Dët an dat aus der Lëtzebuerger Biergbaugeschicht » Editions Saint-Paul, 9
  • Aloyse Terzer
  • Brochure « 100 Joër Biergmanns-Ënnerstëtzongs-Veräin Esch/Uelzecht », 1984

 



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Dernière mise à jour le 21 décembre 2008