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Pro justitia
L'an mil huit cent vingt-trois le vint-cinq juin Monsieur Jean
Berens, maire de la mairie de Kayl, attestant par les présents, que mon
sergent appariteur Jean Wagner, de résidence à Rumelange m'a rapporté
qu'il a bu hier avec le sieur Philippe Mondoyen, garde-forestier de
résidence à Esch, à Rumelange chez Jacques Breyer trois bouteilles de
vin, et que de là ils sont allé ensemble vers trois heures et demie de
relevée dans le bois communal de Rumelange, et qu'étant parvenus au lieu
dit "Schwinkert", ils s'apperçurent un homme qui prépara un fagot sur la
lisière du bois qui sépare la coupe affouagère de l'année courante, à
celle destinée pour 1824, et qui était une soixantaine de pas de lui, il
nous apperçut, et voulut se sauver, et courir dans le grand bois. Le dit
sieur Mondoyen, en se dirigeant vers lui lâcha deux coups de fusil.
Après le premier coup il a crié halt, et donna de suite le deuxième
lequel en courant le dit Wagner a reconnu être le sieur Jean Kayser
manoeuvre à Rumelange. Après il dit au dit Mondoyen comment osez-vous
tirer sur un homme, lequel repliqua je ne crois pas l'avoir attrappé
puisque fut loin, mais il pourrait avoir eu quelque chose au cou puisque
mon fusil tire bien. De là ils ont continué leur chemin et au retour
dudit Wagner chez lui il alla à la maison du dit jean Kayser et demanda
à sa fille et à son gendre si leur père n'était pas encore de retour,
ils répondaient que non, et que pour lors il les invita d'aller voir
après lui dans le bois en désignant l'endroit ci-dessus en ajoutant il y
a quelques heures que le dit Sr Mondoyen tira deux coups fusil sur lui
et qu'il pourrait l'avoir attrappé. de là il est venu chez nous la même
déclaration et quelques temps après le gendre du dit Kayser accompagné
de quelques autres sont revenus disant qu'ils n'ont pas trouvé. J'ai
commandé pour lors le dit Wagner d'aller avec une sixaine d'autres
hommes avec une lanterne voir où cet homme est devenu. Lequel Wagner est
revenu avec quelques autres, disant qu'ils l'ont trouvé mort une
cinquantaine de pas environ de la place où il doit avoir attrapé les
coups. Je fis garder le cadavre par quatre hommes et le lendemain vers
huit heures du matin je me suis, accompagné de mon secrétaire et du dit
Wagner, transporté au dit bois auprès du cadavre, pour mieux pouvoir
constater les faits et circonstances du meurtre, et chemin faisant nous
avons rencontré le dit Mondoyen, lequel me demanda où allez-vous. Je lui
ai répondu nous allons au bois au lieu dit Schwinkert, où il se trouve
un homme de tué à coups fusil. Le dit Mondoyen répliqua en tremblant moi
j'ai tiré hier sur quelqu'un en cet endroit, mais je ne croyais pas lui
faire du mal, s'il est mort je suis malheureux et j'irai de suite à
Luxembourg me constituer prisonnier et s'en alla. Nous avons continué
notre chemin et de retour chez nous nous avons rédigé le présent
procès-verbal pour valoir en justice avec que de droit.
Témoins sont Jean Wagner, Michel Monceau père, Pierre Kemp, Jean
Grimeler.
Fait à Rumelange, le jour, mois et an que dessus.
J. Berens
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